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Quelques personnes ont fondé il y a maintenant vingt ans, le 26 juin 1989, l'association des amis du Vieux Vevey. Le but de cette association est de réunir tous ceux et toutes celles qui aiment la ville de Vevey, tant pour son passé que pour son futur.

Son comité organise six conférences par année traitant de l’histoire, de la culture, ainsi que de l’actualité de la Ville. Par exemple, sous le titre « Rencontre avec nos municipaux », l'association permet à ceux-ci de s’exprimer sur leur dicastère et cela sans contrainte politique. Ainsi pendant vingt ans nous avons présenté plus de cent conférences dont les sujets couvrent un très grand éventail. Des excursions sont organisées chaque été.

L’association a posé trente-cinq plaques sur des bâtiments ayant un intérêt pour l’histoire de la ville. Ainsi la population peut faire le tour de la ville et découvrir ces bâtiments et leur histoire. Une brochure retraçant toutes ces plaques a été éditée.

Tous les deux ans nous publions les Annales veveysannes avec des articles sur l’histoire de Vevey. Ce beau volume est offert à nos membres. Les notes  historiques de la ville de Vevey, rédigées par Alfred Ceresole, ont été rééditées par l’association. Cet ouvrage retrace l’histoire de Vevey de ses origines jusqu’en 1890. Le dictionnaire historique et toponymique des rues de Vevey, édité par Vibiscum sous la plume de François Berger, permet de connaître l’origine de noms des rues de Vevey.

Nos liens avec le Musée historique de Vevey sont étroits. Grâce à notre association nous avons pu restaurer la magnifique collection des anciens drapeaux de sociétés de la ville.

François Chavannes, président d'honneur

 

Actualités

36e plaque inaugurée le 4 avril 2012

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Toujours attentive à la mémoire des lieux et à l’histoire de la Ville de Vevey, VIBISCUM a inauguré, le 4 avril 2012, sa 36e plaque apposée sur la grille d’entrée de l’Hôtel des Trois Couronnes à Vevey.

 

HISTORIQUE

L'hôtel des Trois Couronnes à Vevey, établissement de grand standing, fait partie intégrante de l'histoire de l'hôtellerie veveysanne. Il a été ouvert le 3 mai 1842 par son propriétaire et hôtelier émérite Gabriel Monnet, qui transmit une enseigne - auparavant attachée à un bâtiment de la Rue du Simplon - au nouvel édifice situé en bordure du lac. Il a été construit sur l’emplacement d’une maison fortifiée baptisée Belles-Truches. A cette époque, le Lac Léman compte peu d'hôtels qui puissent rivaliser avec celui des Trois Couronnes par leur situation, leur taille et leur infrastructure, à l'exception de l'Hôtel des Bergues, ouvert en 1834 à Genève ou de l'Hôtel Byron, inauguré en 1841 à Villeneuve, dans les environs du Château de Chillon.

Il convient de dire que dans les années 1860, Vevey est pris d'une grande frénésie touristique, à la même époque que la région de Territet, qui a été le berceau de l'hôtellerie de luxe montreusienne. A Vevey s'ouvrent successivement l'Hôtel d'Angleterre en 1866 et le Grand Hôtel en 1867.

Cette seconde moitié du XIXe siècle foisonne donc de projets en relation avec le tourisme; le premier d'entre eux qui trouvera concrétisation est la création d'un quai le long de la vieille ville. En 1861 est en effet construit un premier tronçon depuis l'est de la ville, qu'on appelle Quai Sina, du nom d'un riche étranger qui fit une donation à la ville pour l'embellissement de ses rives. Le dynamisme des hôteliers incitera à une création supplémentaire avec la construction, en 1869/70, du débarcadère de Vevey-La Tour, financé par des promoteurs privés et conçut par l'architecte Burnat. Ce débarcadère sera racheté par la commune en 1868.

En 1863, l'hôtel des Trois Couronnes perdit son accès immédiat au lac par la construction d'un quai. Après 1890 l'hôtel change de visage: en peu de temps le bâtiment classique composé de trois corps de logis se transforme en une construction néo-baroque à trois volets s'articulant autour d'une cour au Nord. La première annexe est la salle des fêtes en 1890, qui se place à l'Ouest, suivie d'une nouvelle aile à l'Est. Le bâtiment primitif reçoit alors un toit à la Mansard, signe de son temps, et les premiers balcons sur la façade principale. Tel est encore l'aspect actuel.

L'hôtel fait toujours partie des grands établissements hôteliers à tradition historique des bords du Léman. Une nouvelle direction soucieuse d’un témoignage vivant l'Histoire a permis avec le concours des Monuments historiques cantonaux une restauration et des transformations remarquables de l’édifice. Les chambres ont été rénovées et de nombreux témoins précieux ou pièces de mobilier originaux y ont trouvé une place, de manière à créer des ensembles historiques ou plus simplement de qualité. Les fenêtres d'origine de la partie Nord de l'hôtel ont été maintenues, conférant au bâtiment un caractère profondément lié au passé. Une partie des salles de bain anciennes a pu être conservée grâce à une organisation habile des espaces.

Un soin particulier a été apporté au puits de lumière central en trois parties, particularité architecturale indispensable à l'éclairage intérieur avant l'apparition de l'électricité. Le sol en marbre incrusté du motif des trois couronnes a été libéré de sa moquette et restauré. Le centre de Bien-Être aménagé dans les anciennes galeries-boutiques sous l'hôtel a été construit en tenant compte des structures historiques existantes.

Ces aménagements enrichissent l'offre de l'Hôtel des Trois Couronnes et permettent d'y séjourner agréablement dans un environnement empreint de vérité historique.

Depuis sa création en 1842, cet établissement a hébergé des chefs d'état, des membres de familles royales et des personnalités importantes, dans une atmosphère Belle Époque unique. Il accueillera notamment l’aristocratie russe et anglaise.

Les musiciens furent nombreux à apprécier les charmes de l'hôtel des Trois Couronnes. Charles Gounod trouva, vers 1850, l'inspiration qui le mena à créer son opéra Faust. Ignace Paderewski et Camille Saint-Saëns ont laissé le souvenir inoubliable d’une interprétation de La Polonaise à deux pianos du même Saint-Saëns, morceau joué dans l'un des salons de l'hôtel veveysan.

Henry James y situe  sa célèbre nouvelle «Daisy Miller»: dans les années 1870, Winterbourne, un jeune Anglais, vient rendre visite à sa tante, Mme Costello qui séjourne à l’hôtel des Trois Couronnes de Vevey. Très vite, il est séduit par la beauté et surtout frappé par la liberté d’actes et de paroles de Daisy Miller, jeune Américaine qui se trouve dans le même hôtel, flanquée d’une mère velléitaire et d’un domestique effronté, Eugenio. Le dénouement de la nouvelle est hélas tragique. Puisse chacun découvrir ou redécouvrir cet étincelant ouvrage!

En 2003, le Conseil International des Monuments et des Sites (ICOMOS) a attribué à l’hôtel le titre d'«Hôtel historique de l'année».

 

(Texte mis en forme par François Berger, professeur. Sources: divers ouvrages historiques et sites de l'internet. Blonay, le 29 mars 2012)

Annales veveysannes 14

Vous aurez le plaisir de découvrir le 14e volume des Annales veveysannes le 5 décembre 2012, lors de la conférence du 1er mercredi de décembre.